• Erick

Critique artistique = plomberie. Nous sommes tous branchés sur le tout à l’égo.






Nous sommes tous branchés sur le tout à l’égo.

Artistes, auteurs, compositeurs, arrangeurs , réalisateurs, ingé-sons, producteurs, éditeurs,

nous avons tous un avis sur la qualité de la musique qui nous entoure.



Faisons 2 colonnes:


À gauche on met À droite on met



Oublions ces 2 colonnes, et intéressons-nous à ce qu’il y a au milieu, entre les 2.


Nous.


Nous, balancés entre ce que l’on considère à notre gauche comme être des représentants du génie créatif, et à notre droite comme des représentants de la réussite commerciale.

Et notre égo va promener notre avis qualitatif d’un bord à l’autre en fonction des circonstances de notre réussite artistique personnelle.


Personne n'a assez d'hubris à priori, pour avouer en public, qu'il a un génie équivalent à un Mozart vivant.

De la même manière, personne ne dira ouvertement que la musique qu'il fait est juste un prétexte pour gagner outrageusement du fric.


Mais il existe une tendance, dans le monde réel, à observer que l'application que l'on fournit à faire quelque chose de bien, le mal que l'on se donne, la persévérance, les années d'études, l'implication générale que l'on met dans un projet artistique n'est pas corrélé avec le fait de gagner un max de pognon, voire juste même d'en vivre correctement.


Et en plus, ces 2 extrêmes ne sont pas antinomiques. L'un ne signifie pas l'inverse de l'autre. ( Victor Hugo ou Picasso avaient les 2)


Mais si on n'y prend pas garde, on corrèle les 2 paramètres, à priori indépendants, que sont la reconnaissance artistique et la reconnaissance matérielle, pour les mettre sur une même ligne, avec un curseur allant de l'un à l'autre, pour trouver sa position.


On fabrique mentalement une échelle:



Et on juge.



Si on ne VIT PAS de sa création:


2 réactions:


  1. On est sûr de faire de la qualité, qui n'a malheureusement peu de reconnaissance auprès des mass médias lobotomisées par la mièvrerie ambiante. (en gros, je résume)



2.Les "autres", ceux qui gagnent leur vie, le font au détriment de la qualité artistique pour

satisfaire les mass médias avide de mièvrerie, au lieu de chercher à les "éduquer".



Si on VIT ( bien ) de sa création:


2 réactions:


  1. On fait de la qualité. Et le public y est sensible. C'est donc normal d'avoir une reconnaissance matérielle en proportion avec le talent.


2.Les autres (certains) font vraiment de la bouze. Ils n'ont pas compris les attentes réelles du public. C'est normal qu'ils crèvent la dalle.



Ne nous cachons rien. Comme personne ne cartonne instantanément auprès du grand public ( sauf destins exceptionnels)


On a tous été tentés d’avoir ce genre de jugement.



Ce qui est grave, c’est quand ça perdure dans le temps.


« Je suis incompris. Le monde est médiocre, je vaux bien plus que untel, je n’ai pas la chance d’avoir ses contacts, le niveau baisse, etc... »

Et la phrase ultime:


"C’était mieux avant ."


Mais avant quand ?


Quand la musique était faite par des musiciens.

A propos de la musique électronique


Quand la musique était chantée par des vrais chanteurs.

A propos du rap


Quand la musique était jouée avec de vrais instruments.

A propos des synthés dans les années 80


Quand la musique était intelligente.

A propos du disco


Quand la musique était simple et moins prétentieuse.

A propos du rock progressif et psychédélique


Quand les textes avaient de la profondeur.

A propos de la musique yéyé


Quand l’harmonie ne se réduisait pas à 4 accords binaires débiles.

A propos du rock' n roll


Quand la musique ne se réduisait pas à de l’improvisation bavarde.

A propos du jazz


Quand la musique respectait l’harmonie romantique.

A propos du contemporain


Quand la musique respectait le contrepoint.

A propos du classique


Etc...

Même les adeptes du chant grégorien trouvaient l’harmonisation vocale vulgaire et détournée de son sens premier.


On est toujours le trou du cul de quelqu’un.


Mais surtout, le jugement qualitatif, corrélé au niveau de popularité, démontre une chose essentielle:


On a pas compris à quoi sert la musique réellement.


Quelle est sa fonction.