• Erick

La cigale et la fourmi : quel artiste êtes-vous?









On connait le cerveau droit et le cerveau gauche. Le droit porté sur la créativité et les émotions, le gauche sur la logique et la raison.

Ce mythe scientifique qui voudrait qu'une partie prenne l'ascendant sur l'autre, pour déterminer le caractère plutôt artiste ou plutôt comptable d'une personne, n'empêche pas l'observation d'une certaine prédisposition de certains individus, à être attirés par la création musicale, jusqu'à l'infantilisme, alors que d'autres seront de parfaits gestionnaires, parfaitement hermétiques aux harmonies célestes de nos instruments.


La cigale et la fourmi.

En vérité, comme d'hab, l'homo sapiens ordinaire est entre les 2. Moitié cigale, moitié fourmi.


FOURGALE OU CIMI

C'est encore une histoire de curseur entre les 2 qui va caractériser notre aptitude à créer ou pas, à gérer correctement ou pas.


Et moi je dis que ce curseur est mobile


On peut faire sortir sa créativité selon certaines conditions, ou sa raison pragmatique selon d'autres conditions.


Dans une certaine mesure, on peut apprendre à être créatif, comme on peut apprendre à être logique et raisonnable.


Notez que je parle ici de créativité artistique, et de musique spécialement, mais que, plus généralement, on peut parler d'idéalisme face au pragmatisme.

C'est valable pour les affaires, la politique, la vie sociale, etc.


Il est admis généralement, dans l'inconscient collectif du peuple dans son ensemble, que c'est plus cool de faire artiste que de faire notaire. De faire chanteur plutôt que plombier.

On peut trouver souvent des coming-out d'employés de bureau, voire de capitaines d'industrie se lançant dans la chanson


("J'aurai voulu être un artiste")

Plus que des coming-out d'artistes se lançant dans la toiture-charpente.


("Si j'étais un charpentier")


(Alors qu'en vérité, c'est plus ça qui se passe, mais pour d'autres raisons...)


Idéalisme et pragmatisme.

Rousseau idéalisait l'homme comme étant foncièrement bon, tout en recommandant aux parents de ne pas faire lire "la cigale et la fourmi" aux enfants, de peur qu'ils ne s'identifient à la cigale.

Parce que le peuple aime les artistes, mais le monde tourne avec des comptables.


Et ça, tout le monde le sait.

no bullshit.


Alors il faut mélanger les 2 tendances.


L'idéal est la créativité, pour sortir des sentiers battus, et renouveler ses passions et sa pensée, et le pragmatisme et la raison, pour ne pas entrainer sa famille et soi-même à prendre un abonnement aux restos du coeur.(Si on décide de ne faire plus que ça !)


Notez que ce que je dis là est un blasphème pour les tenants de l'amour de l'art dans sa pureté extrême.

Le "Vrai" créateur, souffre de sa passion, vit dans l'urgence de faire sortir de ses tripes sa musique, son oeuvre, ne pense qu'à ça, c'est sa vie, c'est ce qui le définit, il n'existe pas en dehors de sa création, il ne respire que pour ça.


Oui.


Heu...


C'est vrai.


Pour certains.


Mais d'ailleurs, ces profils, quand ils ne sont pas morts dans la misère ou suicidés, ont su s'adapter.


Comment ?


Ben, en faisant faire le boulot pragmatique aux autres. En s'entourant. Manager, baby sitter, avocats, hommes d'affaires, mécènes, masseurs, psychologues, compagnon ou compagne solide, etc.


Evidemment, faut pouvoir payer tout cela. Donc avoir du succès.


Sinon il faut faire tout soi même.


Alors, dans ces cas-là, si on n'a pas tout le temps à consacrer à son art, ou si l'on est frustré de ne pas être créatif...


Comment augmenter sa créativité ?


Alors beaucoup ont essayé en utilisant des substances peu ou pas naturelles.

Très tendance encore de nos jours chez certains idéalistes.

Liquides, solides, en ingestion, inhalation ou injection. Le résultat est à peu près le même.

Si on survit, rien ne prouve que l'on n'aurait pas pu faire la même chose en restant sobre.

Le gain de créativité s'accompagne souvent d'un gros mal de tête, quelquefois permanent.

Et si on a la chance d'être connu avant 27 ans, on peut rejoindre le club des 27, initié entre 1969 et 1971 par Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin et Jim Morrison.



Certains, bien sûr, ont vécu ça très bien. Parce qu'ils étaient bien entourés.


Et d'autres avaient une santé de fer.



Mais pour le commun des mortels, à qui il reste un peu de pragmatisme, c'est pas la solution idéale.

Alors ?


Ben en prenant des cours.


Si.


C'est possible.


Développer sa créativité, son cerveau droit, par des techniques naturelles.

Coach, estime de soi, relaxation, yoga, stages d'expression, musicothérapie, théâtre, et bien sûr cours de musique, écriture et composition, arrangements (j'en propose).

Parce que, à partir du moment où on fait 2 notes sur un instrument, même par hasard, mais que l'on arrive à les mémoriser et les rejouer, on est devenu compositeur.

Ensuite pour passer de 2 notes à la 5ème symphonie de Beethoven, faut juste du travail. (beaucoup)


Mais le déclic est fait.


Et même avec les irréductibles réfractaires, avec les tympans en peau de saucisson, qui préfèrent lire le mode d'emploi de la machine à raclette plutôt que Anna Karénine, et qui préfèrent Ripolin à Chagall, on va pouvoir trouver un déclic pour leur ouvrir un champ de perception inconnu jusque-là, et leur faire accepter la beauté de la créativité.

Parce qu'elle est en eux. Bien cachée, certes, mais elle est créationnelle. Dans l'inconscient.

Il suffit de la réveiller.



Je m'inquiète plus pour les autres.


Les gens normaux. Mais habités par une soif de créer. Ceux qui sont prêts à jeter leur confort et leur mode de vie habituel pour se lancer corps et âme dans la musique et l'art en général, quelle que soit l'épreuve, quel que soit le coût.

Ceux qui ont naturellement des penchants idéalistes, qui pensent en leur for intérieur que rien n'égale l'action créatrice, et que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue sans ça.

Ceux qui pensent sans le dire, que les comptables sont des sous-êtres à qui il manque un sens.

Le sens de la beauté et de l'accomplissement personnel.


Ceux qui veulent être "libres".


Comme si la vraie liberté pouvait être prisonnière d'une pulsion ou d'une conviction. Soit-elle créatrice.

Ceux à qui on a fait croire que faire l'artiste, c'est cool. C'est plus cool que tout le reste.


Il faudrait des cours de pragmatisme. Pour adultes


Pour recentrer le curseur...

Mais qui irait prendre ces cours ?

On a souvent, pour la plupart, eu des parents qui nous ont bourré l'enfance avec le raisonnable, le comme il faut, le "fais un métier sérieux, qui nourrira ta famille !", etc.

Et bien sûr, quelques-uns ont vécu ça comme une punition de la créativité.


Mais on a grandi.


On a tous un parcours différent.

Et si on y regarde bien, la plupart des artistes que l'on admire, et qui ont réussi à vivre vieux, ont tous développé un pragmatisme certain (quand ils ne l'avaient pas naturellement) pour être encore populaires et admirés. S'entourer, gérer ses affaires, rendre aux autres un peu de leur chance, se diversifier, gérer ses affaires matérielles correctement, etc.

Toutes ces qualités qui n'ont rien à voir à priori avec la fibre créatrice.

Ils ont placé correctement le curseur.



Mais il reste encore certains journaux qui font de la résistance, et qui continuent à glorifier quelques corbeaux en lunettes noires, qui passent dans l'autre monde en sol majeur, dans un éclair de poudre blanche et de whisky renversé.

Mourir, qu'importe, mais avec style.


Existe t-il des stages de sevrage créatif, comme des centres Rehab ?

Non, bien sûr.

C'est pas la mode. C'est à nous qu'il convient de faire sa propre expertise à différents moments clés de son parcours de vie.


Encore le bon sens


Zut ! je voulais faire un post positif.


Bon. insistons sur le fait,

  1. Que la musique c'est génial. C'est même indispensable.

  2. N'importe qui peut faire un bout de chemin là-dedans, et prendre du plaisir.

  3. Ça s'apprend. Le talent c'est pas inné. Honte à ceux qui disent le contraire. Parce qu'on a tous, plus ou moins caché à l'intérieur, cette partie "idéaliste" qui nous fait rêver.

  4. On ne pourra pas tous être au sommet. On ne part pas tous avec le même handicap. (Ça, c'est le côté pragmatique)

  5. On pourra quand même s'éclater. (Ça, c'est le coté idéalo-pragmatique)

Le vrai.


Vive les Fourgales et les Cimis!